Compagnies d’ambulances et ATSU sont en plein travail pour mettre en oeuvre la réforme du transport sanitaire urgent. Quelques constats et réflexions sur ce que j’ai constaté jusqu’ici.
- Tout cela est mené tambour battant, dans des délais si contraints que c’est absurde tant les enjeux sont importants.
- Le contexte est très défavorable à une mise en oeuvre rapide et sereine : la pénurie inédite de personnel, l’inflation et la forte demande de transport créent une situation où les entreprises n’envisagent pas le futur sereinement.
- Le simulateur et le plafond d’heures focalisent les discussions. C’est dommage car le fil conducteur qui devrait être l’efficacité opérationnelle est perdu. Il n’y a toujours pas d’objectifs clairs et chiffrés. Il s’agit de bâtir une organisation conforme au plafond d’heures, même si celle ci n’est pas à la hauteur des besoins pour être efficace opérationnellement.
- Les zones non couvertes par la garde font leur retour en force. Cette situation avait été fortement décriée par les sapeurs pompiers. C’était une des causes du blocage de la réforme. Elles sont de retour, principalement dans les zones rurales où les SIS et les compagnies d’ambulances sont déjà fragiles.
- Simulateur et plafond d’heures entretiennent une confusion entre les cadres financiers et opérationnels : Le plafond d’heures conditionne la mise en oeuvre du revenu garanti tout en limitant les moyens opérationnels de garde. Or il y a beaucoup de secteurs, en particulier urbains ou semi urbains où l’activité est structurellement suffisante pour ne pas déclencher le versement du revenu garanti. On positionne des heures pour des lignes de garde pour lesquelles il n’y aura pas de revenu garanti tout en laissant des zones non couvertes où celles-ci permettrait la mise en place d’une réponse ambulancière.
- La coordination ambulancière est indispensable mais partiellement financée : bien peu de département pourront assurer une coordination H24 et 7/7
La suite ? Un défi pour les ATSU
- Beaucoup de nouvelles tâches et responsabilités pour les ATSU. Elles devront trouver les moyens et les compétences pour les réaliser au risque d’entraver plusieurs processus clés de la réforme : revenu garanti, indisponibilités, sorties blanches
- Un système d’information devient incontournable pour automatiser et fiabiliser l’activité. Pour l’instant, il n’est pas financé ni prêt pour les nouvelles exigences.