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Rapport BOROWCZYK et CORNELOUP : Ce que l’on apprend de la participation des ambulanciers dans l’urgence

Le récent rapport des députés Julien BOROWCZYK et Josiane CORNELOUP  fait une synthèse solide de nombreux sujets concernant le transport sanitaire. L’un d’entre eux est l’urgence.

Quelques points ont retenu mon attention :

  • Il n’y a pas de désengagement des ambulanciers de l’urgence, mais plutôt une relative dégradation de leur réponse : les interventions progressent de 25% (+44 millions d’interventions) entre 2016 et 2020 alors que les carences ne suivent pas le même rythme ni la même volumétrie (+20% +50.000 carences)
  • La position des SIS est ambiguë : les ambulanciers doivent faire baisser les carences mais pas « se positionner davantage sur le secours d’urgence […] au risque de déstabiliser le modèle de sécurité civile français » (P44). Alors comment mobilise-t-on les compagnies d’ambulances ? Impliquez vous, mais pas trop ; faites baisser les carences, mais pas plus : cette position n’est sûrement pas motivantes ni très opérationnelles.
  • Les objectifs de la réforme du transport urgent pré-hospitalier sont limités « baisse de 150.000 sorties effectuées par les sapeurs-pompiers [la moitié des carences recensées en 2020] notamment par la baisse des sollicitations en journée ». Traduit en chiffre, ce sont seulement 4 sorties par jour et par département à réaliser en plus pour les ambulanciers.

Au moment où l’on va mettre en oeuvre la réforme du transport urgent pré-hospitalier, une réflexion sur la mission de chacun des acteurs de l’urgence serait nécessaire. 

Le rapport met en relief une concurrence latente entre sapeurs-pompiers et ambulanciers. Cette situation fait naitre une instrumentalisation réciproque. De la part des sapeurs pompiers, les ambulanciers doivent permettre la soutenabilité de leurs organisations face à l’augmentation des interventions qu’ils ne pourraient assumer seuls.

Du côté des ambulanciers, l’intervention systématique des sapeurs pompiers en cas d’indisponibilité ne responsabilise pas sur les missions qu’ils devraient assumer.

Des ingrédients pour permettre à un système complexe – plusieurs acteurs sous plusieurs autorités avec plusieurs financeurs non coordonnés, pour une même mission dans un même territoire – et coûteux – car dans tels cas on additionne les coûts plutôt que de les rationaliser – de perdurer.

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